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Monsieur l’écrit en vain…vos lecteurs prennent le pouvoir de dire « stop ! »

Ce jour là tu n’étais pas du bon coté du stylo. Effectivement, il va falloir t’y faire.
Ce jour là tu n’étais vraiment pas du bon coté.

L’encre décimait le vide, entachait tout ce blanc sur la feuille ; au bout de cette plume, elle coulait régulièrement au fil des mots généreusement décimés sur ce support désormais à moitié souillé de ton écriture irrégulière et frémissante.

Ce jour là, tu n’étais pas du bon coté du stylo.

Non pas que tu sois le plumeau de l’écritoire à gémir de plaisirs lorsque la plume s’enfonce dans l’encrier. Non pas. Car ce jour là, tu étais le héros de l’histoire, et tu n’étais vraiment pas du bon coté du stylo.

Depuis des années, tu avais des tics d’écrivains, collectionnant les plumes, crayons et autres stylos. De toutes tailles et de formes multiples, qu’il s’agisse d’un feutre même, tu les gardais tel un trésor. Choisissant systématiquement de jolis supports en librairies, où tu pillais allégrement carnets et autres effeuilleuses de mots, tu te prenais pour un thérapeute de l’écriture. Rien n’y personne ne pouvait intervenir sur cette habitude ancienne : pour toi, depuis longtemps la forme comptait plus que ce fond sans fards. « Un bon ouvrier se doit d’avoir le bon outillage »…répétais-tu à l’envie, en souhaitant nous sacrifier, nous les lecteurs, sous forme d’offrande au dieu du joli mot, le maitre capello-de- la-rousse.

Ce jour là tu n’étais pas du bon coté du stylo, et … tu vas en prendre plein la gouache, déliée et autres lettrines vont s’entacher de tes habitudes pour salir en immortalisant cette rencontre, tes desseins sur la feuille.

Car une fois équipé, tu ressemblais effectivement au scribe avec ton ambition d’assister à un superbe coucher de bons mots : mais tu produisais systématiquement des déclarations incendiaires, et autres invectives, des missives enflammées ou des dénonciations ostentatoires…

Tourne la pageeee !!! Tu n’étais pas le maitre-mots du scénario, seulement la victime d’une écriture automatique : tu n’es que le corbeau de mauvais augures ou ce héron malhabile qui paiera un jour pour les désillusions qu’il a engendré, les exigences à sens unique, les désidératas les plus sordides… sommes dont tu es à jamais débiteur.

Ce jour là tu n’étais vraiment pas du bon coté.

A l’aune de nos fragilités, tu te croyais grandi en voulant manipuler le pitch de nos existences… tu te croyais formateur ou maitre étalon, celui dont la signature siglerait l’histoire, nos scénarios… Mais tu es aujourd’hui dans le feuilleton, le fantoche, abimé pour avoir vomi dans ses cahiers de moleskine -mauvais gout à l’italienne, narcisse de toi-même les frères jumeaux.

Tu n’es pas un rebel, juste le Magellan en lettres dorées qui se prends pour dieu le pire ou paire de ses peurs… tu ne manques décidément pas d’air….

Ce jour là tu n’étais pas du bon coté du stylo.
Je t’avais prévenu, tu peux fermer le bouquin…
tu ne m’en tiendras pas rigueur ? Uni pour l’uni, tous contre linceul.

BBTY2K / 25 Octobre 2012 - Licence Art Libre
Copyleft: cette oeuvre est libre, vous pouvez la copier, la diffuser et la modifier selon les termes de la Licence Art Libre http://www.artlibre.org/
Tag(s) : #Bbt Y2K (après le bug Y2k...)

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