Patatup 63 : sculptures sonores, poésie, photographies, video, informations culturelles et solidaires.
27 Mai 2013
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Gloire au Con Officiel !
Oyez oyez, heureux consommateurs,
Bien sûr, il se passe suffisamment de trucs rigolos dans l’actualité pour alimenter les chroniques des humoristes.
Nous avons eu récemment quelques bons sujets, comme l’Eurovision –inépuisable creuset dans lequel la soupe atteint des températures à faire rêver les anciens fondeurs des aciéries de Lorraine-.
Nous avons eu Marine le Pen, qui s’est fêlé l’oignon dans une piscine vide, au risque de devenir hémiplégique du côté droit, ce qui aurait été un drame au moins aussi national que son front (cet incident nous a d’ailleurs rappelé que le papa Jean-Marie était plus prévoyant puisque du temps de la guerre d’Algérie, ses baignoires étaient toujours pleines).
Nous avons le bon pape François, qui a montré son vrai visage en demandant une loi qui protège l’embryon dès sa conception -ce qui devrait encourager les curés et les homos à continuer à féconder des orifices stériles, merci François-, nous avons les clowns Gaino et Berlusconi qui nous apportent régulièrement leur lot de phrases impayables.
Mais il arrive aussi que le pauvre écriveur n’ait pas grand-chose à se mettre sous le clavier, ou qu’il n’ait pas le temps d’approfondir des sujets demandant un minimum d’analyse. Et dans ce cas-là, qu’est-ce qui lui reste ?
Il peut soit reprendre un vieux papier et l’adapter, soit recopier des blagues d’internet, soit taper sur les cons officiels, régulièrement estampillés par les médias, et donc reconnus comme tels par le populo. Car le populo a lui-aussi autre chose à faire que de se poser des questions. Si on lui dit que DSK est un porc, que les filles qui ont couché avec les allemands en 39/45 étaient toutes des salopes, que les coiffeurs sont pédés, que Loana est une dinde juste bonne à se faire fourrer -et pas qu’à Noël-, Frigide Barjot une frustrée de la notoriété et Dieudonné un méchant facho irrécupérable, il n’a aucune raison –et très peu de moyens- d’enquêter pour vérifier l’info. Personne ne sait donc exactement si certaines de ces affirmations sont totalement, en partie ou pas du tout vraies, mais l’important étant d’avoir un bouc émissaire, on n’a ni le temps ni l’envie de faire dans la demi-mesure, il faut aller au charbon. Voilà donc le populo parti à croire qu’il a une opinion, alors qu’il n’est peut-être qu’un mouton qu’on balade dans un pré en déplaçant la clôture électrique pour qu’il broute au bon endroit pendant qu’on le tond encore mieux que les pauvres filles au cul « international » (dixit Arletty) à la libération, va savoir !
Et le rigolo officiel se frotte les mains, car il se retrouve devant du « prêt à rigoler » prémâché qu’il n’a qu’à arranger à sa sauce pour aller gagner sa pitance au râtelier à foin de « Rire et Chansons », de « On ne demande qu’à en rire » et des autres foires à la poilade, qui pullulent même quand ce n’est pas la crise.
C’est pourquoi je voudrais cette semaine rendre hommage à un personnage plus important pour unifier la France que le soldat inconnu et le zouave du pont de l’Alma réunis : le con officiel –qui peut aussi être une conne-, et qui est en temps de paix ce que l’ennemi est en temps de guerre. Merci à toi, oh, con officiel !
Grâce au seigneur tout puissant, chaque période a son ou ses cons officiels, qui permettent aux rigolos officiels de se défouler sans retenue et sans trop se creuser la tête.
Bien avant Marine, la plongeuse en piscine vide, on avait eu Loana la baiseuse en piscine pleine, dont on a pu impunément se moquer jusqu’à ce qu’elle pète un câble. Merci, Loana, de continuer parfois à alimenter la rubrique People pour faire vivre nos comiques !
Après elle, nous en avons eu plein d’autres, dont le merveilleux Steevie, joliment mis en valeur par Laurent Ruquier comme imbécile audiovisuel grassement rémunéré –et dont la brillante carrière de neuneu continue-. Nous avons aussi pu profiter des fulgurances crâniennes de Mikael Vendetta, le péteux à côté duquel un panier aurait pu se prendre pour un Nobel de physique, nous avons vu tout récemment éclore Nabila, la pétasse officielle de la télé-réalité, plus laiteuse que la voie du même nom et plus creuse qu’un trou noir –qui trouve Jean-Marie Le Pen trop sympa puisqu’il aime bien ses seins, nan mais allo Dufacho-. Et la question angoissée que se pose tout comique officiel en manque d’idées avant d’aller à l’usine à vannes, c’est : « Quel est le prochain con ou la prochaine conne officielle, le futur invité du dîner « éponyme », l’ayant-droit du con d’avant ou de la conne précédente, sur qui on pourra tirer à boulets rouges sans se poser de questions ? »
Car, on a beau critiquer le con, il faut reconnaître qu’il est bien pratique, et même indispensable à la survie du populo. Le con permet au presque aussi con que lui de se sentir supérieur, ce qui n’est pas rien, car non seulement le presque aussi con que lui est extrêmement répandu, mais il consomme.
J’ai heureusement lu récemment une info rassurante : 87 % des enfants ne savent pas ce que c’est qu’une betterave et un écolier sur trois ne sait pas identifier un poireau ou une courgette. Par contre, 100 % des gosses interrogés font la différence entre un fusil à pompe et une Kalachnikov. Ouf !
Alléluia, mes frères et mes sœurs, les cons de demain et même d’après-demain sont déjà sur les rails !